Télécharger en PDF le tract syndical unitaire SPV – SSP Enseignement – SUD-Education

La récente « tournée » de la DGEP dans les gymnases, effectuée dans la précipitation et uniquement auprès de collègues volontaires et disponibles, n’aura servi qu’à répéter la messe sur l’agenda électronique. Sans surprise… Cette « tournée » a néanmoins montré que, dans tous les établissements, des critiques fondées et fortes se sont opposées à l’obligation d’utiliser l’agenda électronique, un outil chronophage, bureaucratique et qui rate sa cible.

Des reculs devant notre mobilisation

Dans un courrier daté du 5 mars, la DGEP a apporté des précisions quant à l’usage de l’agenda électronique et son obligation. Les courbettes de la DGEP à l’égard de la CDIP – désignée comme seule responsable de l’imposition de l’agenda alors même qu’elle ne préconise aucun outil spécifique dans cette pandémie – ne nous ont pas échappé, mais les quelques reculs du DFJC non plus : fin de la systématisation du remplissage de l’agenda dont la limitation de l’obligation d’usage aux cas de quarantaine ; plus grande marge de manœuvre dans le contenu à inscrire dans l’agenda ; arrêt de l’obligation de l’agenda à la fin de la pandémie. Ne nous méprenons pas : ces aménagements n’ont été provoqués que grâce à notre mobilisation et notre force collective dans les différents établissements. Néanmoins, la DGEP s’entête à maintenir coûte que coûte l’obligation d’utiliser cet outil, ce qui démontre, une fois de plus, qu’elle est sourde aux préoccupations du terrain. Dans ce cadre, les trois organisations syndicales réunies maintiennent l’exigence du retrait des directives – même amendées – sur l’agenda électronique.

« Cachez ces syndicats que je ne saurais voir »

Le courrier du 5 mars est la réponse officielle de la DGEP face à la levée de boucliers causée par ses directives du 1er décembre 2020 sur l’obligation de l’usage de l’agenda électronique. Elle s’est traduite par la pétition du SSP, munie de plus de 750 signatures, et la saisine par SUD de l’Organe de conciliation et d’arbitrage pour faire constater le conflit collectif de travail et obtenir un acte de non- conciliation. Ces démarches ont été suivies de l’appel unitaire du 18 janvier, conjoint avec la SPV. Alors que les syndicats relaient largement et depuis des mois la grogne qui remonte du terrain et défendent les intérêts des collègues dans un cadre légal reconnu, la DGEP et le DFJC n’ont cessé, sur cette question de l’agenda électronique, de tenter de les contourner. Ils semblent même vouloir persister puisqu’une prochaine « tournée » est d’ores et déjà annoncée dès avril, bien qu’aucune négociation sur ce thème ne soit à l’agenda des partenaires sociaux.

Contournement des conférences des maître·sse·s

Ce qui s’apparente à un projet de déréglementation s’observe également au niveau de la quasi, voire totale disparition des conférences des maître·sse·s depuis un an. Or, celles-ci ont un rôle majeur à jouer dans la vie des établissements; leurs compétences sont d’une très grande utilité, démontrée par exemple lors de l’élaboration puis de la révision du Règlement des gymnases. Ni le Covid-19 ni le département ne doivent déposséder les enseignant·e·s de leurs droits et prérogatives. Dans ce sens, la conférence des maître·sse·s doit être un lieu d’échanges, de débats et de décisions ainsi qu’une interlocutrice centrale de la DGEP . Nous n’acceptons pas les contournements de cet organe officiel.

Baisser la pression

Enfin, le courrier du 5 mars parle de «faire baisser la pression» sur la fin de l’année scolaire «sans pour autant revenir sur les objectifs à atteindre». Avec des classes souvent surchargées et alors que les épreuves d’examens sont «bouclées». Nous cherchons encore à quelle catégorie d’humour pourrait se rattacher ce type de déclaration…

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Auparavant

La DGEP, appuyée par la Cheffe de département, veut imposer dans toute la vie scolaire, et non seulement dans des situations liées à la crise sanitaire, l’utilisation de l’agenda électronique. C’est une attaque frontale contre la liberté pédagogique, contre notre professionnalité, contre l’organisation de notre travail. La hiérarchie veut nous enfermer dans un carcan de contrôle et de contrainte.

Sur le plan pédagogique, cette décision est inutile, voire nuisible à un enseignement de qualité. Elle n’a aucune base légale. Elle intervient alors que les enseignant·e·s vivent une surcharge de travail et une pénibilité croissantes. Bien des collègues assurent leur travail au bord de l’épuisement. L’usage obligatoire de l’agenda électronique est inutile pour l’enseignement et insupportable pour les enseignant·e·s.

De surcroît, l’utilisation contrainte de l’agenda électronique fragilise les enseignant·e·s face aux possibles exigences excessives d’élèves ou de familles. Elle accroît les risques d’arbitraire et d’autoritarisme de certaines directions et hiérarchies.

La DGEP et le Département exigent que l’agenda électronique indique les éléments clé d’un cours. Cela ouvre dès lors la porte à l’enseignement en présentiel à la carte. En effet, aujourd’hui, les enseignant·e·s mettent énormément d’énergie à amener les élèves à adopter une démarche proactive lors de l’absence à un cours afin de rattraper la matière qui y est travaillée. Pour ces derniers, cela passe par la création d’un réseau d’entraide au sein de la classe. Ceci favorise la vie sociale de l’élève, de la classe, et son ancrage dans l’école tout en créant des liens essentiels à la réussite des apprentissages. Autrement dit, la démarche proactive d’aller chercher auprès de ses camarades et des enseignant·e·s l’information s’avère être un vrai outil pédagogique et social contre le décrochage scolaire. Au contraire, l’agenda électronique contribuerait à faire adopter aux élèves une posture passive et attentiste.

SUD-Education vous appelle aussi à manifester votre opposition à la contrainte de l’usage de l’agenda par un courrier personnel à la Direction général. Une lettre-type est à votre disposition. Cette prise de position est importante. Elle correspond en tout point à notre droit fondamental à la liberté d’expression. SUD-Education veillera à ce que ce droit soit scrupuleusement respecté pour chacun·e.

Par notre pression commune, nous pouvons amener la DGEP et le Département et à prendre en considération notre situation, à retirer leur décision et à ouvrir les négociations. Il s’agit d’assurer à nos élèves un enseignement de qualité et à nous enseignant·e·s, de conditions de travail permettant d’assurer une telle mission, hors des autoritarismes et des contraintes qui, en nous frappant, affaiblissent l’école.

11 décembre 2020, SUD Education a saisi l’Organe de conciliation et d’arbitrage face à ce que qui constitue un conflit collectif de travail. Au vu de la marche forcée à laquelle nous a contraint la DGEP qui veut une mise en œuvre de l’agenda au plus tard d’ici la mi-janvier 2021, cette saisine de l’Organe sis au Tribunal cantonal était une mesure de précaution en cas d’échec ou de refus de négociation de la part de Madame Cesla Amarelle. Le Tribunal cantonal a rendu un acte de non-conciliation ouvrant la voie aux mesures de luttes. Depuis, il n’y a toujours pas eu de véritables négociations.

10 décembre 2020, SUD Education a informé le DFJC d’une demande d’ouverture de négociation en vue d’organiser le retrait de l’agenda électronique et des dispositifs qui l’accompagnent, supprimant ainsi le recours obligatoire à cet agenda.

3 décembre 2020, SUD Education a publié ses “Le “grand bon en avant…” dans l’hyper-contrôle”, considérations sur la décision de la DGEP de généraliser l’agenda électronique.

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